
RURCODE Rapport d’évaluation des besoins éducatifs – 18/09/2026
- Projets internationaux
RURCODE (Rural Youth Co-Designing their Digital Education), cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme Citizens, Equality, Rights and Values (CERV), est un projet collaboratif mis en œuvre par Fundación Maldita.es, la Federación Valenciana de Municipios y Provincias (FVMP), La Columbeta (COL) et Connect Brussels (CBR).
Le projet vise à renforcer la littératie numérique et la sensibilisation aux droits en ligne chez les enfants et les adolescents âgés de 8 à 16 ans dans les communautés rurales
d’Espagne et de Belgique.
Dans le cadre de ce projet, les partenaires ont mené une évaluation des besoins éducatifs afin de mieux comprendre comment les jeunes utilisent les technologies numériques, les défis et les risques auxquels ils sont confrontés, ainsi que les compétences et le soutien dont ils ont besoin. Cette évaluation a également examiné le point de vue des enseignants sur l’éducation aux médias. Ses conclusions sont présentées dans le rapport d’évaluation des besoins éducatifs, qui sert de base à l’élaboration des supports pédagogiques du projet.
Résumé analytique
Ce rapport offre un aperçu de l’accès au numérique des jeunes, de leurs habitudes, de leurs compétences, des risques auxquels ils sont exposés et de leurs besoins en matière d’apprentissage, ainsi que du point de vue des enseignants sur l’éducation aux médias.
Les résultats montrent que l’accès au numérique ne constitue pas le principal défi lorsqu’il s’agit d’aborder l’éducation aux médias chez les jeunes, car la connectivité et les appareils sont largement disponibles dans tous les contextes. Les enjeux essentiels portent sur la manière dont la technologie est utilisée et sur les conditions de cette utilisation, notamment en termes d’autonomie, d’encadrement et d’objectif.
Cette étude met en évidence une transition claire, liée à l’âge, dans l’utilisation du numérique : on passe d’une utilisation davantage encadrée et supervisée chez les enfants âgés de 8 à 11 ans à une utilisation plus autonome, constante et intensive chez les adolescents âgés de 12 à 16 ans. Elle met également en évidence le rôle central du divertissement et des réseaux sociaux, des pratiques de recherche d’informations fréquentes mais pas toujours rigoureuses, une exposition précoce aux risques liés au numérique, ainsi qu’un écart entre les compétences numériques perçues et réelles.
Les enseignants reconnaissent l’importance de l’éducation aux médias, mais considèrent que le manque de formation et de ressources constitue un obstacle majeur à sa mise en œuvre dans les établissements scolaires. Ces conclusions serviront de base à l’élaboration du programme et des supports pédagogiques du projet.
Principales conclusions
Les résultats montrent que l’accès au numérique ne constitue pas le principal défi lorsqu’il s’agit d’aborder l’éducation aux médias chez les jeunes, car la connectivité et les appareils sont largement accessibles dans tous les contextes. La question essentielle réside dans la manière dont la technologie est utilisée et dans les conditions de cette utilisation, notamment en termes d’autonomie, d’encadrement et d’objectif.
On observe une transition nette liée à l’âge. Les enfants âgés de 8 à 11 ans utilisent les technologies numériques de manière plus encadrée et contrôlée, en s’appuyant souvent sur des appareils partagés et la surveillance familiale. En revanche, les adolescents âgés de 12 à 16 ans font preuve d’une utilisation totalement autonome, constante et plus intensive, ce qui accroît à la fois les opportunités et l’exposition aux risques. Malgré cette autonomie, l’accompagnement et la supervision sont inégaux, ce qui influe sur la manière dont les jeunes interagissent avec les environnements numériques.
L’utilisation d’Internet fait désormais partie intégrante du quotidien des jeunes, mais reste fortement axée sur le divertissement, tandis que son utilisation à des fins d’information ou d’apprentissage reste limitée. Les réseaux sociaux tels que YouTube, WhatsApp et TikTok occupent une place centrale, et leur utilisation est principalement passive, même si l’interaction s’intensifie avec l’âge. Les influenceurs jouent également un rôle important, en particulier auprès des plus jeunes.
Un constat pertinent concerne les pratiques de recherche d’informations, qui sont fréquentes mais pas toujours rigoureuses ni structurées. Les plus jeunes participants ont tendance à s’appuyer sur des moteurs de recherche tels que Google et des plateformes comme YouTube, tandis que les adolescents se tournent de plus en plus vers les réseaux sociaux et les outils basés sur l’intelligence artificielle, tels que TikTok et ChatGPT, comme principales sources d’information. Cela reflète une évolution vers des environnements d’information régis par des algorithmes et basés sur des plateformes, ainsi qu’un écart entre les compétences perçues et les compétences réelles.
Une autre conclusion majeure concerne l’exposition précoce et généralisée aux risques liés au numérique, notamment la publicité, les escroqueries, les contenus trompeurs et les contenus violents ou perturbants. Cette exposition est souvent considérée comme normale et a un impact émotionnel important, en particulier chez les adolescents.
La consommation de contenus est dominée par les formats de divertissement, les préférences évoluant en fonction de l’âge. Les participants sont conscients de l’existence de contenus préjudiciables ou indésirables, mais ne disposent souvent pas des outils nécessaires pour les gérer. Parallèlement, ils manifestent un intérêt pour l’apprentissage : les plus jeunes s’intéressent principalement aux utilisations créatives de la technologie, tandis que les adolescents se concentrent sur la sécurité, la vie privée et la compréhension des systèmes numériques, malgré un niveau élevé de confiance en soi qui ne reflète pas toujours leurs compétences réelles.
Les différences entre les sexes ne sont pas d’ordre structurel, mais se manifestent dans les préférences en matière de contenu, l’exposition au risque et les comportements, tandis que les différences contextuelles sont principalement observables chez les plus jeunes et ont tendance à s’atténuer à l’adolescence.
Du point de vue des enseignants, il existe un écart manifeste entre l’importance reconnue de l’éducation aux médias et sa mise en œuvre dans les établissements scolaires, principalement en raison d’un manque de formation et de ressources. L’utilisation des technologies est souvent abordée sous l’angle de la restriction plutôt que de l’intégration pédagogique, bien que les enseignants expriment un besoin marqué de soutien concret.
